Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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La décroissance comme projet politique : plus fort que l’effet de la Reine Rouge* ?

mpOC | Posté le 26 décembre 2019

Conférence-débat le mardi 7 janvier 2020, 19 h, à Liège avec Vincent Mignerot, essayiste et chercheur indépendant. Il se questionne sur l’existence et développe une « théorie écologique de l’esprit ». Il est le fondateur de l’association Adrastia, est auteur d’ouvrages d’analyse sur le risque écologique.

Au-delà des alertes historiques sur les risques, le constat de plus en plus irrévocable sur la destruction de l’équilibre écologique vital ainsi que la manifestation dans l’économie des premiers effets des limites physiques à la croissance doivent interroger sur la souveraineté du politique dans la gestion des interactions entre l’espèce humaine et son milieu. Quels choix avons-nous ? Dans quelle mesure sont-ils conditionnés par des paramètres sur lesquels nous n’aurions pas de prise ? De quelle marge de manœuvre disposons-nous vraiment ?

La mise en œuvre d’une adaptation en contexte contraint implique d’estimer quelles sont les capacités réelles de l’humanité à influencer son devenir.

Organisé par le mpOC-Liège avec le soutien d’Attac-Liège.

À la salle Lumière de l’ULiège, place du XX août 7 (2e étage), à 19 h 30, accueil dès 19 h. Entrée à prix libre.

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Affiche de la rencontre

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* L’effet de la Reine rouge

L’effet ou le syndrome de la Reine rouge désigne un phénomène propre à notre société thermo-industrielle : tout effet négatif d’un progrès technique demande l’accélération de sa mise en œuvre ou une nouvelle « solution » technique, et cela selon un cycle sans fin, jusqu’au dépassement des limites physiques ce qui conduit à un effondrement. Ce serait comme de remonter un escalator qui descend et dont la vitesse augmenterait sans cesse : l’épuisement en serait la conséquence fatale.

Le terme « Reine rouge » est emprunté à l’œuvre de Lewis Carroll : « Ici, voyez-vous, il faut courir le plus vite possible pour rester sur place », dit la Reine rouge dans « De l’autre côté du miroir », son roman publié en 1871 qui fait suite aux « Aventures d’Alice au pays des merveilles ». Ce phénomène est aujourd’hui bien illustré par le pétrole (conventionnel) qui a commencé à être extrait industriellement à partir de la moitié du XIXe siècle : le nombre de puits n’a cessé de croître au cours du temps, mais depuis quelques années les volumes extraits diminuent, inexorablement. C’est illustré de façon plus générale par la consommation excessive et croissante d’énergie non renouvelable ce qui ne peut conduire qu’à l’effondrement voire la disparition, l’espèce humaine étant incapable de s’adapter aux changements qu’elle a induits du fait de cette consommation excessive. Sa seule voie serait de « se contenter » d’utiliser au mieux la source d’énergie durable dont elle dispose, l’énergie solaire.

L’expression emprunte aussi à l’œuvre du biologiste Leigh Van Valen qui le premier a décrit l’effet de la Reine rouge dans le cadre de ses travaux (1973) : lorsque l’environnement évolue plus vite qu’une espèce vivante ne peut s’y adapter, cette espèce est vouée à s’éteindre ce qui aujourd’hui apparaît clairement avec la diminution des populations d’abeilles et de nombreuses autres espèces et finalement leur disparition pour certaines d’entre elles.

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