Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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2020, année de l’appropriation collective de la décroissance

mpOC | Posté le 12 janvier

Billet bimestriel - janvier 2020

2020, année de l’appropriation collective de la décroissance

Depuis plus de 2 décennies, une poignée de scientifiques, d’économistes, de philosophes... défendent l’idée que l’arrêt, puis le recul de la croissance économique est une évolution nécessaire et utile pour les sociétés les plus développées. Si cette option gagnait très lentement en crédibilité et recevait de plus en plus de soutiens intellectuels, elle n’en restait pas moins très minoritaire. Or, depuis 2 ou 3 ans, les signes évidents des conséquences très néfastes du rejet de ce choix politique ont soudainement accru sa pertinence.
Certes, il est clair que les forces dominantes, droguées au productivisme et au consumérisme, feront tout pour nier les évidences et protéger les intérêts d’une minorité. A l’opposé, une majorité de nos contemporains commence à partager le constat de la nécessité écologique d’un virage radical dans la direction prise par nos sociétés mais il reste à les convaincre que ce changement n’est pas qu’une contrainte mais qu’il est également désirable et permettra à tous d’être bien mieux dans leur peau. Mais aussi et surtout, il faudra construire collectivement les voies et moyens de ce changement de cap face aux forces destructives qui continuent à œuvrer au sein de la société.

Un symptôme de cet entre-deux où nous nous trouvons (« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » a superbement dit Antonio Gramsci) est la persistance, à côté de sages messages de modération, d’incitations à encore accélérer face au gouffre qui s’ouvre devant nous. Cette injonction paradoxale est en particulier le fait de la publicité, mise au service d’un consumérisme effréné qui induit frustrations et pousse aux actes les plus contraires à une saine manière de vivre.
Face à tant de messages contradictoires, on peut comprendre la désorientation de ceux qui n’ont pas encore saisi que les vendeurs ne veulent pas du tout leur bien. C’est pourquoi, en 2020, le Mouvement politique des objecteurs de croissance orientera une part de ses actions vers la dénonciation de la publicité qui enlaidit nos villes et nos compagnes, envahit nos vies et tente de détruire notre lucidité.

Nous ne sommes, évidemment, pas les seuls à faire ce triste constat et, en ce mois de janvier où se tient le rituel annuel d’adoration du dieu automobile, nous vous proposons de prendre connaissance et de soutenir l’action Salon de l’auto sans moi – autosalon, nee dank u ! que proposent des dizaines d’associations.
Cette action n’est qu’une parmi les multiples initiatives de résistances locales, décentralisées, qui fleurissent face à l’ogre productiviste. Et, justement, à la question que beaucoup se posent, «  Comment modifier les rapports de force pour permettre l’urgent changement de cap ? », Guillaume Lohest, dans sa réflexion « Sortir du capitalisme : joli slogan mais on fait comment ? » voit, dans cet archipel des résistances, là où se construisent localement d’autres modes de vie, solidaires, résilients, la meilleure manière d’être efficaces et de rester dignes dans un présent si souvent décevant.

Alain Adriaens

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